Champagne Suenen : Le Domaine

Philosophie

Auteur du Champagne Suenen, je signe depuis la vendange 2009, nos vins et notre terroir de ma propre philosophie. Mon vœu est de vinifier un produit unique reflétant au plus proche, la nature de ma terre. Ainsi, chaque année sera le reflet d’une évolution résultant de nos méthodes de vinification et nos pratiques culturales.

Tout comme ma terre, mon vin est fragile et requiert du soin. Ainsi, je veille au bien-être des sols. Entre autre, nous pallions à leur tassement grâce à une réintroduction du travail mécanique des sols qui permet d’aérer ma terre et lui rapporte de la vie. A la vigne, je ne procure que ce qui lui est nécessaire et l’incite quotidiennement par notre travail à ancrer ses racines au plus profond de la craie pour en retirer toute la minéralité et l’authenticité.

Chacune des parcelles qui composent mon patrimoine fait l’objet d’une étude poussée. Nous étudions quelques parcelles dans le détail chaque année à l’aide du LAMS, laboratoire d’analyse des sols, mené par Claude et Lydia Bourguignon ainsi que leur fils Emmanuel. J’accorde du temps et de l’importance à l’observation de mon outil premier, le végétal. La vigne est une plante qui puise sa richesse dans l’atmosphère et dans le sol. Son évolution définira par exemple, l’heure de la vendange. La maturité des raisins est attendue car elle se révèle prolifique.

Coté vinification, les foudres et fûts de chêne, ont réintégré notre chai, comme du temps de mon grand-père. Une cuve ovoïde béton ainsi que des fûts d’acacia ont également été ajoutés à la partie historique composée de cuves en acier émaillé, cuves auxquelles je tiens beaucoup pour une partie des vinifications de nos cuvées non millésimées. Nos vins bénéficient donc de la micro oxygénation produite par le bois, matière naturelle, elle aussi fille de notre Terre.

Les vins se nourrissent de leur propre matière première six à neuf mois durant, grâce à un vieillissement prolongé sur lies. Nous utilisons les lies lourdes quand l’année le permet ou les lies légères si l’année nous le dicte. Les fermentations se font actuellement partiellement sur levures naturelles. Par la suite, nous vinifierons uniquement sur nos levures indigènes (naturelles), nous commencerons d’abord par des vinifications parcellaires totalement naturelles. Pour la fermentation malolactique, nous la laissons se faire naturellement avec le temps ou, lorsque que nous le souhaitons sur certains vins, nous l’orientons. Ce n’est qu’au retour des beaux jours que l’on procède à l’incontournable étape de mise en bouteilles des Champagnes Suenen.

Histoire : Des générations d’hommes et de femmes de caractère

Les prémices du Champagne Suenen se dessinent à travers les vignobles dès 1898. Depuis, des générations d’hommes et de femmes de caractère, passionnés par le métier, se succèdent…

On raconte que notre nom de famille serait dérivé de Svenen, nom d’une famille belge venue s’installer à Damery… Village où est né Nicolas Suenen, mon arrière-arrière-arrière-grand-père. Marié à Eliza-Victorine Billiard, ils donnèrent naissance à Joseph en 1871. A cette époque, nul vin mais des raisins, issus de vignes plantées à Cramant et vendus aux Grandes Maisons.

Joseph et son épouse Laurentine Robert s’installèrent dans la Maison familiale et eurent deux enfants : Paulette et Marcel, mon arrière-grand-père né en 1899. C’est ici que les souvenirs de ma grand-mère attestent de la genèse de la marque Champagne Suenen

Tout a commencé avec Marcel lorsqu’il s’unît avec Simone Stourbe en 1924. Ils commercialisèrent, sous la marque « Champagne Suenen-Stourbe », une cuvée Brut Blanc de Blancs unique, habillée et bouchée à la main par Simone.

Bernard, l’un de leur deux fils avec André, reprit le Domaine ainsi qu’une épicerie fine dans le village de Cramant avec son épouse. Dans les années cinquante, Daniel mon père, et Jean-Claude mon oncle, firent leur entrée dans la famille. Alors que mon oncle se tourna vers le professorat, mon père lui, apprit le savoir-faire de vigneron dès son plus jeune âge. Il travailla avec son père pendant près de 18 ans jusqu’à sa pleine reprise. Il avait alors moins de 25 ans et très vite, l’envie de développer les ventes du Champagne Suenen l’amena à chercher des vignes. Le développement de la gamme et les premiers millésimés de la Maison furent signés de la passion de mon père. Le Domaine passa d’une vente de 4 000 à 20 000 bouteilles. Son union avec ma mère, Chantal Person de La Villa, signa l’arrivée d’une nouvelle génération à laquelle j’appartiens…